Dans son livre paru en français en 2024, « Correspondances, accompagner le vivant », l’anthropologue anglais Tim Ingold trace sous plusieurs facettes son approche d’un lien retissĂ© entre les humains et le monde, dans une perspective Ă©cologique. Pour lui ce lien se dessine en Ă©chos, en « correspondances ». Et « l’amateur » est au cœur de cette dĂ©marche renouvelĂ©e, exigeant avec son humanisme, alignĂ© dans son parcours de vie.
Tous les vrais chercheurs sont, je crois, des amateurs. LittĂ©ralement, l’amateur est celui qui Ă©tudie un sujet non pas pour construire une carrière comme le fait le professionnel, mais pour l’amour qu’il lui porte, motivĂ© par un souci du soin, de l’engagement personnel et de la responsabilitĂ©. Les amateurs sont des correspondants.
[...]
Le danseur et l’artisan sont des amateurs. Ils sont amateurs car leur danse, leur artisanat, s’inscrivent dans un parcours de vie. Leur pratique est soignĂ©e, attentive, rigoureuse, mais c’est une rigueur de la deuxième sorte. Nommons-la rigueur amateur, une rigueur flexible et amoureuse de la vie, contrairement Ă celle professionnelle qui implique rigiditĂ© et paralysie.
« Correspondances, accompagner le vivant », Tim Ingold, Actes Sud 2024.
La fiche du livre aux Éditions Actes Sud :
https://www.actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/correspondances






