Amateur. Oui ? Et alors ? - Définitions et thèse - François Oguet
Amateur. Oui ? Et alors ? - Prologue
Artistes amateurs et professionnels : la croisée des mondes ? - Rencontre professionnelle juin 2021
Carrières d’amateurs, une approche dynamique de la participation des amateurs - Laure MercĹ“ur
L’enthousiasme pour l’amateur : une critique du professionnalisme chez JĂ©rĂ´me Bel et Philippe Quesne
Le théâtre amateur, les auteurs vivants et l’enjeu de l’élargissement du répertoire - Romain Colson
Les amateurs dans le spectacle vivant : défi juridique, enjeux sociaux - Thèse de Lénaïg Lozano
Pratiques en amateur et bibliothèques : une évidence ? - Coline Silvestre
Processus de création en collectif : postures, compétences et parcours tout au long de la vie
Le Plaisir Ă l’oeuvre - Fabrice Raffin
Quels rĂ©pertoires pour les amateurs - Judith Sibony - Rencontre « Amateur ? Oui. Et alors ? » - 6 dĂ©cembre 2020
Quels répertoires pour les amateurs ? - Fragments Préliminaires - Judith Sibony
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec David Lescot
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Jean-Claude Gallotta
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Maguy Marin
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Malgven Gerbes
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Yasmina Reza
Répertoires chorégraphiques : la revanche de la cigale - Judith Sibony
Répertoires musique classique : tout est possible ! - Judith Sibony
Diffuser son spectacle ou son concert amateur 1/3
La diffusion des spectacles amateurs
Faire programmer son spectacle théâtre ou danse 2/3
Faire programmer son concert 3/3
Louer une salle de diffusion
Réseaux associatifs et fédérations du spectacle vivant en France
Réseaux européens et internationaux : rencontres, projets et ressources
Ressources
Amateur. Oui ? Et alors ? - Définitions et thèse - François Oguet
Amateur. Oui ? Et alors ? - Prologue
Artistes amateurs et professionnels : la croisée des mondes ? - Rencontre professionnelle juin 2021
Carrières d’amateurs, une approche dynamique de la participation des amateurs - Laure MercĹ“ur
L’enthousiasme pour l’amateur : une critique du professionnalisme chez JĂ©rĂ´me Bel et Philippe Quesne
Le théâtre amateur, les auteurs vivants et l’enjeu de l’élargissement du répertoire - Romain Colson
Les amateurs dans le spectacle vivant : défi juridique, enjeux sociaux - Thèse de Lénaïg Lozano
Pratiques en amateur et bibliothèques : une évidence ? - Coline Silvestre
Processus de création en collectif : postures, compétences et parcours tout au long de la vie
Le Plaisir Ă l’oeuvre - Fabrice Raffin
Quels rĂ©pertoires pour les amateurs - Judith Sibony - Rencontre « Amateur ? Oui. Et alors ? » - 6 dĂ©cembre 2020
Quels répertoires pour les amateurs ? - Fragments Préliminaires - Judith Sibony
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec David Lescot
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Jean-Claude Gallotta
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Maguy Marin
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Malgven Gerbes
Quels répertoires pour les amateurs ? - Judith Sibony - entretien avec Yasmina Reza
Répertoires chorégraphiques : la revanche de la cigale - Judith Sibony
Répertoires musique classique : tout est possible ! - Judith Sibony
Diffuser son spectacle ou son concert amateur 1/3
La diffusion des spectacles amateurs
Faire programmer son spectacle théâtre ou danse 2/3
Faire programmer son concert 3/3
Louer une salle de diffusion
Réseaux associatifs et fédérations du spectacle vivant en France
Réseaux européens et internationaux : rencontres, projets et ressources
Et si on changeait de posture ?
Par Éric Seigneur, le 2 avril 2024.
par Benoît Labourdette
Article publiĂ© dans le mĂ©dia de l’Observatoire des Politiques Culturelles (2023).
Comment apprendre à considérer la richesse des pratiques numériques adolescentes et ne pas céder aux idées reçues ?
Pour Benoît Labourdette, si l’on veut imaginer des projets culturels attentifs aux aspirations des jeunes, donc en phase avec ce qui les intéresse, un changement de posture s’impose.
Les intentions des professionnels de la culture vis-Ă -vis de la jeunesse sont louables, gĂ©nĂ©ralement structurĂ©es autour de la dĂ©mocratisation culturelle. Elles visent l’accès Ă des formes et offres culturelles « de valeur », vers lesquelles les jeunes ne s’orienteraient pas spontanĂ©ment, dans les lieux traditionnels que sont le théâtre, le cinĂ©ma, le musĂ©e… et avant tout dans le cadre scolaire. Mais la plupart d’entre eux n’y sont guère rĂ©ceptifs, parfois mĂŞme Ă©prouvent-ils rejet ou indiffĂ©rence, alors mĂŞme qu’ils consacrent Ă©normĂ©ment de temps et d’attention Ă d’autres pratiques culturelles sur les rĂ©seaux numĂ©riques. Que pouvons-nous apprendre de leurs usages pour rĂ©flĂ©chir Ă nos propres postures professionnelles ? Comment s’outiller pour se mettre en capacitĂ© de concevoir des projets et des mĂ©diations qui concerneraient Ă nouveau la jeunesse ?
Le numérique, nouvel espace de démocratie culturelle
Une idée reçue persiste dans le domaine de la culture : l’idéal d’un projet culturel reposerait sur la présence physique d’un groupe. L’objectif (évalué quantitativement) est le remplissage maximal des salles de spectacle, musées, centres culturels ou cinémas. C’est une approche centrée sur les lieux et non sur les individus. Or, voit-on mieux un film dans une salle de cinéma plutôt que chez soi sur son téléphone ? On le voit autrement bien sûr, mais postuler une hiérarchie est en réalité peu respectueux de l’usage et de la culture des personnes, ou plus précisément des droits culturels (pourtant inscrits dans la loi). Ce jugement de valeur occulte des questions essentielles : ces personnes habitent-elles à proximité des lieux culturels ? Ont-elles les moyens financiers nécessaires pour effectuer ces sorties ? Connaissent-elles l’offre qui y est proposée et celle-ci correspond-elle à leurs centres d’intérêt ? etc.
Lors des annĂ©es 2020-2022, marquĂ©es en France par les confinements des populations et autres restrictions de mouvements imposĂ©s par les pouvoirs publics – sans qu’aucun dĂ©bat n’ait eu lieu –, les usages numĂ©riques se sont de facto dĂ©veloppĂ©s, accĂ©lĂ©rant des processus culturels dĂ©jĂ Ă l’œuvre depuis une vingtaine d’annĂ©es. Durant cette pĂ©riode, paradoxalement, l’espace numĂ©rique a permis la continuitĂ© des Ă©changes et l’accès Ă la culture de façon dĂ©mocratique, notamment grâce Ă de nombreux rĂ©seaux alternatifs, lĂ oĂą les lieux physiques en furent privĂ©s de multiples manières. Le numĂ©rique a Ă©tĂ© facteur de lien. Tout un chacun, et pas seulement les jeunes, a dĂ» inventer de nouvelles modalitĂ©s d’interaction. La crĂ©ativitĂ© humaine fut d’ailleurs exemplaire. La culture (avec le numĂ©rique), ou plus exactement les cultures (en matière de diffusion et de crĂ©ation) ont Ă©tĂ© l’axe central autour duquel la communautĂ© humaine s’est retissĂ©e et mĂŞme refondĂ©e pour certains. Au sein des lieux culturels, alors que le numĂ©rique Ă©tait principalement utilisĂ© Ă des fins de communication pour faire circuler des informations sur les rĂ©seaux sociaux, bien des Ă©quipes ont rivalisĂ© d’idĂ©es innovantes pour faire vivre leurs missions en imaginant des dispositifs de mĂ©diation « Ă distance ». Mais ce sont les plateformes industrielles qui ont le plus affirmĂ© leur emprise sur les pratiques culturelles, car elles investissaient depuis longtemps sur la valeur, ne serait-ce que marchande, de la consommation et de la contribution culturelles via Internet. Elles Ă©taient prĂŞtes.
Cet Ă©pisode de notre vie collective doit nous aider Ă rĂ©envisager les potentialitĂ©s offertes par les Ă©changes et expĂ©riences culturelles en ligne, dans ce qu’elles ont de spĂ©cifique. Porteuses de dĂ©marches Ă la fois singulières et constructives, elles peuvent changer nos parcours personnels et professionnels, ainsi que les rĂ´les sociaux. Embrasser toute la richesse Ă laquelle le numĂ©rique donne accès (formation grâce aux tutoriels, vivacitĂ© des communautĂ©s culturelles et politiques, plateformes de rencontres, pratiques artistiques collaboratives, marchĂ© de l’emploi, etc.) peut nous apprendre Ă forger de nouvelles postures professionnelles et nous « reconnecter » Ă nos missions vis-Ă -vis de la jeunesse.
La posture : jugement ou curiosité ?
Commençons par une question en guise d’exemple : utilisez-vous l’application TikTok sur votre tĂ©lĂ©phone mobile ? En 2022, la grande majoritĂ© des jeunes lui consacraient 95 minutes en moyenne par jour, ce qui est largement supĂ©rieur Ă tous les autres rĂ©seaux sociaux. Si vous n’êtes pas un usager de TikTok, quelle est votre rĂ©action Ă priori ? Je partage ici celle que j’ai eue, il y a six ans, lorsque j’ai dĂ©couvert ce rĂ©seau social et consultĂ© quelques contenus de façon superficielle. Je l’ai jugĂ© « nul », voire dangereux pour l’image de soi. J’ai trouvĂ© prĂ©occupant que les jeunes y passent tant de temps. J’ai immĂ©diatement pensĂ© que mon rĂ´le Ă©tait d’alerter et d’essayer de les emmener vers des pratiques plus vertueuses !
Quelle Ă©tait alors ma posture ? Celle d’un jugement Ă priori sur les pratiques numĂ©riques des jeunes, sans donner le moindre crĂ©dit Ă ce qui pouvait les passionner autant. C’était au fond un mĂ©pris pour une pratique que je jugeais dĂ©nuĂ©e du moindre intĂ©rĂŞt et hautement problĂ©matique d’un point de vue Ă©thique, sans avoir vraiment cherchĂ© ni Ă la connaĂ®tre ni Ă la comprendre. Cette posture est très rassurante, car elle permet de s’instituer en position de supĂ©rioritĂ©, de « sachant ». Mais en jugeant très durement les pratiques de la personne Ă qui l’on s’adresse et en voulant les supplanter par d’autres – pour qu’elle « s’ouvre » Ă ce qui lui est inconnu – sans faire cas de ce qui l’intĂ©resse, sans faire l’effort de tisser un lien, il est normal – et mĂŞme plutĂ´t sain – de ne recevoir en retour qu’un lĂ©gitime dĂ©dain. Pourtant, est-ce qu’une posture inverse serait dĂ©magogique, dangereuse ou nĂ©faste pour le secteur culturel ? S’intĂ©resser aux rĂ©fĂ©rences culturelles de la personne que l’on souhaite toucher, avec sincĂ©ritĂ©, reprĂ©sente-t-il un risque quelconque ? Il me semble, au contraire, que cela permettrait de dĂ©couvrir des espaces de rencontre et de partage, en particulier avec les jeunes.
Gutenberg, Wikipédia et TikTok
Poursuivons avec TikTok, tout en gardant à l’esprit que cette plateforme commerciale demeure un outil à double tranchant. Financée par de la publicité ciblée, elle est pétrie de surveillance et de censure et rassemble des contenus abusifs ou même dangereux, au même titre que Google, YouTube, Facebook, Twitter, Microsoft, LinkedIn et autres (tout aussi néfastes pour les libertés qu’emplis de fantastiques potentiels). Ce sont des multinationales capitalistes sans scrupules et aux procédés souvent illégaux qui ont capté l’essentiel de nos pratiques culturelles.
MalgrĂ© tout, TikTok est un rĂ©seau social dont les usages mĂ©ritent notre intĂ©rĂŞt. L’application se prĂ©sente comme une plateforme de contenus Ă©ducatifs, ce qu’elle est globalement. Elle est dotĂ©e d’outils de crĂ©ation d’images et de sons très simples d’emploi et très puissants. En matière de fonctionnalitĂ©s, elle dĂ©passe la « table de montage » idĂ©ale rĂŞvĂ©e en son temps par Jean-Luc Godard. 83 % des utilisateurs y ont postĂ© au moins une vidĂ©o, ce qui signifie que quasiment tout le monde participe au processus de crĂ©ation collective. De plus, 53 % des « crĂ©ateurs » de la plateforme (producteurs rĂ©guliers de contenus) ont entre 18 et 24 ans. Contre toute attente, 42 % de ses utilisateurs et utilisatrices ont entre 30 et 49 ans, et 61 % sont des femmes.
L’algorithme qui vous propose telle ou telle vidĂ©o Ă©tudie vos goĂ»ts avec finesse, et teste aussi systĂ©matiquement les nouveaux contenus auprès de 100 Ă 200 personnes. Ainsi, votre première vidĂ©o peut-elle faire des millions de vues, uniquement en fonction de l’intĂ©rĂŞt qu’elle suscite, sans qu’une stratĂ©gie marketing soit nĂ©cessaire pour la « vendre ». C’est la première plateforme Ă avoir construit son audience sur ce type de fonctionnement et en ayant donnĂ© de puissants moyens de production aux personnes qui en font usage et qui partagent leurs crĂ©ations avec d’autres, sur le seul argument de l’intĂ©rĂŞt suscitĂ© par leur travail. Il en dĂ©coule une vĂ©ritable Ă©mulation crĂ©ative, une dĂ©mocratie culturelle mise en acte. D’importantes innovations dans le champ du langage audiovisuel s’y dĂ©ploient. Ce qu’on y dĂ©couvre est passionnant et conçu par les pairs. N’est-ce pas inspirant ?
Sachant que de grands médias, institutions culturelles et artistes légitimes sont déjà très actifs sur TikTok et que bien des artistes ont aussi été découverts grâce elle, ceci devrait nous amener à formuler cette conclusion quant à notre conception de l’offre culturelle : TikTok est une instance de production de légitimité culturelle dans des domaines aussi variés que la danse, le théâtre, l’enseignement, la philosophie, l’apprentissage de la musique, le développement personnel, le féminisme, etc.
Souvenons-nous que d’autres « technologies » visant le partage du savoir et de la culture se sont elles aussi imposĂ©es au cours de l’Histoire. Il y a vingt ans, si l’on nous avait dit qu’une encyclopĂ©die librement et uniquement Ă©crite par des dizaines de milliers de bĂ©nĂ©voles, avec une modĂ©ration par les pairs, serait plus pertinente et complète que l’Encyclopædia Universalis en matière de qualitĂ© et de mises Ă jour de son contenu scientifique, historique et culturel, y aurait-on cru ? Pourtant, WikipĂ©dia existe. Autre exemple : l’invention de l’imprimerie dans les annĂ©es 1450. DiscrĂ©ditĂ©e par les Ă©lites intellectuelles de l’époque qui pensaient qu’elle galvauderait la culture et pervertirait la religion, elle menaçait en rĂ©alitĂ© surtout leur pouvoir. Or, l’imprimerie, si dĂ©criĂ©e en son temps, a eu les phĂ©nomĂ©nales et bĂ©nĂ©fiques consĂ©quences dĂ©mocratiques que l’on connaĂ®t, Ă commencer par l’époque bien nommĂ©e de la Renaissance.
Le cadre, l’écoute et le lâcher-prise
De façon partagée, les professionnels que j’accompagne en formation constatent qu’il leur est difficile de sortir des dogmes rassurants et surplombants sur les défauts présumés de la jeunesse et les dangers du numérique. Ils témoignent souvent, à partir de leurs expériences, avoir pris conscience (pendant et consécutivement à la formation) de la posture générale des adultes par rapport à la jeunesse, globalement normative, sans attention à l’autre, voire complètement erronée, qui fabrique de la stigmatisation, de l’exclusion, et empêche tout enrichissement mutuel. Cette autocritique révèle l’ampleur et la profondeur du travail à mener, tant en matière d’écoute que du cadre de confiance pour l’établir.
L’ouverture à l’autre requiert un travail sur soi pour renoncer à ses propres critères et se donner la possibilité de recevoir ce que l’autre propose, en acceptant d’être déstabilisé. C’est en étant dérangé que l’on est enrichi. Les neurosciences le montrent : on doit résister à ses réflexes de pensée pour pouvoir apprendre. Le cadre, c’est ce qui autorise. Il permet l’expression de soi. La singularité de chacun devient alors une contribution enrichissante pour le collectif. Mais pour pouvoir prendre la parole, il est nécessaire de se sentir en confiance et ne pas craindre d’être jugé, moqué, voire exclu du corps social. Ce processus ne diffère pas lorsque l’on travaille avec des jeunes. Pour leur donner toute leur place, il faut construire un cadre de confiance où ils se sentiront reconnus en tant que personnes et qui leur permettra de contribuer.
Voici une liste, non exhaustive, de questions (à la fois ludiques et volontairement dérangeantes) que je recommande aux professionnels de se poser quand ils conçoivent des projets culturels en faveur de la jeunesse, afin de lâcher prise sur les réticences qu’ils éprouvent :
- Quelles sont mes idées reçues sur les pratiques numériques des jeunes ?
- Ai-je le sentiment de porter une « bonne culture », qui serait meilleure que celle Ă laquelle ils se rĂ©fèrent ?
- Les réseaux sociaux me semblent-ils dangereux pour les jeunes et pourquoi ?
- Combien de fois vais-je consulter mon tĂ©lĂ©phone chaque jour ? Ai-je dĂ©jĂ comptĂ© ? Ne suis-je pas, moi aussi, « addict » Ă la communication numĂ©rique ?
- Est-ce que je prends garde à ma vie privée numérique et comment ? Ou pas ?
- Ai-je l’impression que les relations numériques (courriels, réseaux sociaux, visioconférences, lives…) sont déshumanisantes ?
- Saurais-je estimer le temps que je passe chaque jour devant des Ă©crans ? Les « jeunes » y passent-ils plus ou moins de temps que moi ?
- Quels sont mes critères d’évaluation qualitatifs des projets culturels, éducatifs ou sociaux pour la jeunesse ?
- Puis-je être changé par un projet avec des jeunes ou est-ce à moi de les changer ?
- Ai-je déjà coconstruit un projet avec des publics jeunes et comment ?
- Ai-je déjà crié sur des jeunes, ou me suis-je déjà fait crier dessus par eux et dans quels types de situations ?
- Ai-je le sentiment qu’il est mal de regarder un film sur un téléphone ?
- Suis-je certain qu’une séance au cinéma où les jeunes sont obligés d’aller est préférable à un film qu’ils ont librement choisi de regarder illégalement sur Internet ?
- Ai-je un poste de télévision et est-ce que je l’allume ? Pour regarder quoi et combien de temps par jour en moyenne ?
- Quelle valeur ai-je donnée aux productions numériques (photos et vidéos) produites par ma structure et par les jeunes qui participent à des projets ? Où et comment ce patrimoine numérique est-il stocké, pour quelle durée et dans quelle stratégie de récit humain du territoire ?
J’encourage les professionnels de la culture à oser ce jeu du questionnement – même si c’est un rendez-vous informel d’une heure tous les deux mois, entre collègues ou partenaires –, à partager leurs pratiques et points de vue concernant les jeunes et à dialoguer, sans enjeu de productivité, afin de prendre mutuellement de la distance. Ce travail de remise en question est un mouvement important qui permettra de changer les modalités de conception des projets culturels pour la jeunesse avec les différents partenaires impliqués (institutionnels, culturels, sociaux, artistiques, pédagogiques), les méthodes de travail et de coopération. C’est en travaillant autrement que l’on pourra produire autre chose.