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Etude menée par la ville de Nantes sur les pratiques artistiques en amateur

Par Hélène Carbonnel, le 24 juin 2025.

Les pratiques artistiques en amateur à Nantes – Enquête 2025

Réalisée par l’Observatoire des politiques culturelles en partenariat avec la Ville de Nantes, cette enquête, intitulée Les pratiques artistiques en amateur à Nantes, offre un panorama inédit des pratiques artistiques en amateur sur le territoire nantais. Elle cherche à en mesurer l’ampleur, à dresser le profil des pratiquant·es et à identifier les enjeux qui en découlent, afin d’éclairer la politique culturelle locale et de nourrir une réflexion sur les droits culturels.

I. Un engagement massif et diversifié

Plus d’un Nantais sur quatre déclare pratiquer une activité artistique en amateur, témoignant d’une vitalité remarquable. Les disciplines les plus investies restent la musique, la danse, le théâtre et les arts visuels, mais de nouvelles formes émergent, telles que les arts numériques, le cirque ou encore l’écriture.

La pratique se déploie selon des profils variés : les femmes y sont plus présentes que les hommes ; les 18–35 ans dominent dans la danse et les musiques actuelles, tandis que les plus de 50 ans sont davantage impliqués dans le chant choral ou les arts visuels. Enfin, le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle influencent encore l’accès à ces pratiques, révélant des inégalités persistantes.

II. Des cadres et des ressources contrastés

Le tissu associatif demeure la principale structure d’organisation, mais les pratiques se développent aussi dans une grande diversité de lieux : salles municipales, conservatoires et écoles d’art, espaces hybrides ou autogérés.

L’encadrement repose largement sur des artistes-intervenants et animateurs, souvent professionnels mais aux statuts précaires. Côté ressources, l’autofinancement reste prépondérant, les soutiens publics étant jugés limités et inégalement répartis. Des manques en équipements adaptés, notamment pour la danse et les musiques actuelles, sont également identifiés.

III. Enjeux pour les droits culturels et la politique locale

Au-delà de la richesse des pratiques, l’étude met en lumière plusieurs défis.

Le premier concerne la reconnaissance : si les pratiques amateurs représentent une part essentielle de la vie culturelle nantaise, elles demeurent souvent secondaires dans les priorités publiques, derrière la création professionnelle. Vient ensuite la question de l’équité : des inégalités sociales et territoriales persistent, posant la question de l’effectivité des droits culturels.

La pratique amateur est également en pleine transformation. Les frontières avec le champ professionnel s’estompent, portées par le numérique et la création participative. L’engagement associatif, moteur historique de ces pratiques, apparaît fragilisé par la difficulté à renouveler les bénévoles et par des charges administratives croissantes. Enfin, le rôle des artistes-intervenants, pivot entre transmission, animation et médiation, constitue un enjeu majeur de reconnaissance et de structuration.


Cette enquête met en évidence la force et la vitalité des pratiques artistiques en amateur à Nantes, qui constituent un véritable pilier de la vie culturelle locale. Elle révèle aussi leurs fragilités : inégalités persistantes, précarité des encadrants, manque d’espaces dédiés. Plus largement, elle invite à repenser la place de ces pratiques dans les politiques publiques, afin de les reconnaître pleinement comme un levier des droits culturels et de la démocratie culturelle.

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